Courrier des lecteurs du n° 9

Je suis particulièrement émue et touchée ce matin en découvrant le nouveau numéro puisqu’en chemin vers le végétalisme depuis quelques mois…! Une prise de conscience, une de plus… De voir que vous proposez ce chemin me touche énormément car c’est un sujet extrêmement sensible dans notre société… La bienveillance nous touche dans tout notre être, ce numéro en est, une fois de plus, la preuve et je suis vraiment heureuse que ce sujet soit abordé dans PEPS!!!  Merci, merci mille fois!!!
Prune
Bonjour,
C’est avec une grande joie que je « nous » réabonne!!! 🙂
PEPS fait un bien fou à toute la famille.

A moi tout d’abord, j’y trouve une mine d’idées et une confiance incroyable. 

Au Papa ensuite, qui lit quelques articles par-ci, par-là quand je le laisse traîner.

Et à nos filles aussi, puisqu’elles récoltent en premier les fruits de nos lectures et réflexions 🙂 C

ôtoyer d’autres familles cet été a permis de prendre conscience que nous avions beaucoup de chance et sommes sur la bonne voie.

Merci à tous!!!Longue vie à PEPS !!!

Shirley et Clément, Alana et Maéva.
Bonjour,
J’aimerais renouveler mon abonnement à votre magazine, riche en ouverture d’esprit, en analyse des pratiques.
Cela manquait vraiment dans le panorama des revues sur la parentalité. Je regrette qu’il ne soit pas plus « accessible » dans les bureaux de presse par exemple.
Quoi qu’il en soit, bravo pour la façon dont vous animez cette revue… ni trop théorique, ni injonctive, juste les mots qu’il faut pour s’approprier et investir les réflexions.
PS: Un coup de coeur particulier pour le n°6… mon garçon adore le rose, joue à la poupée, à la maîtresse et veut faire de la danse à la rentrée.
Mon entourage me culpabilisait en me disant que j’en faisait une « chochotte », que je devais l’endurcir…
Du coup… je refusais qu’il s’habille en rose, (à contre coeur, car je n’étais pas en paix avec moi-même dans ces moments là).
Depuis votre numéro 6 (et des discussions avec des amies avisées) j’accepte ses choix (avec joie) et bon sang… qu’est-ce qu’il s’épanouit!
Merci! <3
Mélanie B.
***********Peps est disponible dans des librairies et des associations. Pour trouver la liste des revendeurs, rendez-vous sur https://pepsmagazine.com/ou-trouver-peps/
Et hop, voici une demande de réabonnement.
Avec toujours la même sensation de me faire un cadeau!!!
Longue vie à PEPS et à son équipe 🙂
Julie
Coucou à tous!
On a de la chance, PEPS magazine est né quelques mois après la naissance de notre premier enfant! Quel profond soutien!
On y trouve un sublime équilibre entre simplicité joyeuse et voyage au plus profond de nos êtres intérieurs!
Mille mercis, et mille tendresses pour que vive encore longtemps l’aventure de PEPS!
Ciao
Cécile et Mehdi
Mille mercis pour ces deux années en votre compagnie.
Que de bonheur de vous avoir à nos côtés!
Belle route à toute l’équipe qui accompagne si bien la nôtre.
Encore une fois: MERCI MERCI MERCI!
Julie, Guillaime & Cléo !
Bonjour, les superbes articles concernant la relation qu’entretient l’humanité avec les animaux m’ont beaucoup interpellée, disons qu’ils m’ont aidée à pousser ma réflexion personnelle encore plus loin. Ce matin, j’ai vu une très jolie bande dessinée qui illustre tout ça de façon claire et percutante, je souhaitez vous la faire partager : http://www.vegemag.fr/blogs/vegetarisme-illustre-muriel-douru-2522
Merci pour la richesse de Peps
Marie-Laure
Bonjour
J’ai lu, avec grand intérêt comme toujours, le dossier sur nos 30 millions d’amis.. et je ne sais pas, cette fois quelque chose m’a paru un peu simpliste dans la vision de ce que sont les « animaux ».
Pour être plus précise, j’adhère complètement à ces vérités que sont la vie émotionnelle des animaux, leur droit à vivre une vie décente, le déni général face à leurs souffrances etc., mais cette vision me semble incomplète.
Qu’est-ce qu’un animal, au final ? C’est un être vivant, avec une vie physique, émotionnelle, intelligente, mais dénuée de mental. Un être qui vit au présent, qui vit l’instant présent, totalement. Qui n’imagine pas que ce qu’il vit au moment présent pourrait être différent.
Pour moi, respecter un animal, c’est avant tout ne pas lui faire porter nos croyances d’être humain.
Quand je lis que les animaux ont le droit de « ne pas être tués », quelque chose bondit en moi. Je comprends bien le sens de cette affirmation, ce que son auteur avait en tête lorsqu’il écrit cela.. mais en même temps, la mort fait partie de la vie !
Il y a quelques semaines, ma chatte est morte. J’ai souhaité respecter sa vie « d’animal », et donc de la laisser mourir à sa façon.
Et bien mon Dieu, quelle expérience !! Que la mort est lente à venir ! J’ai vu ma chatte devenir froide, sentir la mort, se faire envahir par des nuées de mouches.. quand j’ai réalisé qu’elle était couverte d’oeufs de mouches sur le flanc, sous une patte, j’ai craqué.. je suis vétérinaire, je l’ai aidée à partir, je n’ai pas pu en supporter davantage. La vie sur terre est cruelle.
Mais dans le même ordre d’idée, où est le respect de l’animal quand on l’amène dans une clinique vétérinaire, où il sera impuissant, à la merci d’une personne qui va lui faire des « soins » souvent douloureux – ou l’euthanasier !, où il aura peur, où il sera enfermé s’il est hospitalisé, se croira abandonné etc. etc. alors que notre croyance nous dira que c’est « pour le soigner » ?
Pour en revenir à ces articles, je crois qu’il y aurait déjà à faire la différence entre élevage industriel et élevage familial. Et entre conditions de vie, et conditions de mort. Quand je vois les charolaises du petit élevage à côté de chez moi, vivre tranquillement leur vie de vache au pré, élever et allaiter leurs petits jusqu’à un âge bien avancé (au moins jusqu’au sevrage).. je me dis que mourir dans un abattoir n’est certes pas une expérience sympathique.. mais quelle mort en est une ? à par celle de mourir dans son sommeil ! Pour les animaux il y a le choix entre se faire attaquer par un prédateur, ou mourir lentement, agoniser pendant des jours, et en été se faire dévorer vivant par les insectes, comme ma chatte..
Pour en revenir aux conditions de vie, à titre de comparaison la vie des races laitières est bien plus cruelle que celle des races de boucherie. On leur retire leurs petits à la naissance, elles sont rarement au pré, voire jamais en élevage industriel, et elle finissent de toute façon à l’abattoir..
Enfin voilà ce que je voulais dire, je ne sais pas si c’est très clair, mais le respect de la vie animale est un sujet beaucoup plus complexe que celui évoqué dans certains articles. Pour pouvoir respecter un animal, totalement, il faudrait faire l’expérience de que signifie être un animal, c’est à dire un être vivant exclusivement dans le présent, un être qui accepte la vie telle qu’elle est, qui vit pleinement. Ce que nous autres humains sommes bien incapables de faire !
Il y a des petits éleveurs qui respectent leur animaux, qui leur offrent des conditions de vie décentes, qui les aiment à leur façon, comme nous aimons nos animaux domestiques à notre façon – humaine et donc imparfaite. Et qui les tuent quand vient le temps.
Christian Cools écrit que les petits enfants sont horrifiés de voir l’abattage d’un animal. Bien évidemment ! Comme ils seront horrifiés de voir mourir tout animal sur qui ils peuvent projeter un affect, quelles que soient les conditions de sa mort. Et cela d’autant plus si on ne leur explique pas ce qu’est la mort, et la place qu’elle occupe dans la vie. Moi-même à 44 ans j’ai toujours beaucoup de mal à voir un guépard s’attaquer à un bébé antilope ou toute scène montrant une proie mourir sous les crocs de son prédateur. Mais moins maintenant, j’avoue, depuis que j’ai vu les conditions d’une mort animale « paisible » !
En tout cas je vois ma fille de 5 ans, que j’essaie d’élever avec respect, douceur et empathie, du mieux que je peux en tout cas, adorer manger de la viande, tout en sachant exactement ce que c’est, d’où elle vient et ce que cela signifie. Ma fille qui va sauver une abeille qui se noie, faire un nid douillet pour un oiseau, caresser délicatement une chêvre.. sait aussi que le chat tue des petites souris toutes douces, et joue avec pendant des heures alors qu’elles respirent encore, que le chien du voisin a failli tuer le chaton, et que le steak c’est une vache et le saucisson un cochon, et qu’il rôtit parfois à la broche.
Où est la vérité dans tout ça ? Je ne sais pas en fait, je voulais juste vous faire part de ma réflexion.
Merci de me faire part régulièrement des vôtres par le biais de Pep’s, c’est un don précieux.
Amicalement
Laurence
Bonjour,
merci beaucoup pour votre courrier, qui introduit diverses questions critiques et toutes sortes de nuances ! Le court article que j’ai écrit dans PEPS ne peut pas rendre compte, effectivement, de toute la complexité du réel ! J’essaye ci-dessous de vous répondre ce que je pense des différents points que vous soulevez…
Tout d’abord, je ne pense pas que tous les animaux vivent une vie « dénuée de mental », qu’ils sont irrémédiablement cantonnés au moment présent, ou, pour le dire de façon plus positive, qu’ils vivent totalement l’instant présent ; peut-être est-ce vrai de certains d’entre eux, mais on sait aujourd’hui que beaucoup se projettent dans l’avenir et sont par exemple capables de différer la satisfaction d’un désir présent (se procurer une nourriture appréciée…) pour optimiser un gain dans le futur, ou même pour venir en aide à des congénères ; le cas est avéré de geais, de perroquets, de singes, de rats, de poissons, qui choisissent tel ou tel comportement en fonction de stratégies pour l’avenir. D’une certaine façon, il ne pouvait guère en être autrement, car les impératifs de notre survie nous confrontent à chaque instant à de tels choix qui impliquent d’imaginer divers possibles et donc divers avenirs. Pour tout être sentient, je crois, vivre c’est choisir. Un être qui vivrait purement dans le présent serait bien handicapé, et la proie rêvée des circonstances. De fait, de plus en plus, les observations menées en éthologie cognitive (la science des comportements) nous étonnent sur les capacités réelles des animaux, et nous montrent que nos connaissances, ce que nous croyions savoir sur eux, étaient surtout empreintes de préjugés…
Pour ce qui est du « droit à ne pas être tués »… Moi même ne suis pas un partisan, en philosophie morale, de la « théorie des droits », et lorsque je parlais de « droit à ne pas être tué », il s’agissait d’un raccourci et je ne me faisais pas le promoteur d’un « droit sacré à la vie ». Je suis partisan de prendre en compte sérieusement les intérêts de chacun, c’est-à-dire, de prendre en compte ce qui importe à chacun d’entre nous (non humains compris), de tenir compte de ce qui « l’intéresse », ce qui « le motive ». Or, il ne fait guère de doute qu’en temps normal, tout animal cherche de toutes ses forces à échapper à la mort – tout comme nous. Il est possible que certains d’entre eux n’aient pas l’imagination de la mort en tant que telle, mais leur agitation frénétique à l’approche du danger, ou bien au contraire leur tétanie, témoigne bien d’une peur panique…
Mais vous parlez aussi de l’euthanasie de votre chatte… Il va de soi que le droit à ne pas être tué, dans mon esprit, ne s’oppose pas au droit à voir abréger ses souffrances quand tout espoir de rémission est enfui et que la douleur devient torture… Je soutiens la même liberté pour les humains, bien entendu, d’échapper à une vie de souffrances. Y compris des humains qui ne sont pas en état d’exprimer ou formuler leur propre avis. Toujours, il est extrêmement difficile, tant pratiquement que moralement, de prendre une décision pour autrui ; mais ne pas prendre de décision, lorsqu’on est en situation d’agir, c’est selon moi « démissionner » tout en prenant tout de même une décision : celle de laisser « décider » les circonstances, pour le meilleur et pour le pire (c’est-à-dire bien souvent, dans ce genre de cas : pour le pire). [note : Je me permets de renvoyer ici à un excellent texte de David Olivier sur cette question, paru dans les Cahiers antispécistes, « Libération animale et euthanasie », http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article119.]
Pour ce qui est de faire la différence entre divers types d’élevage, oui, il vaut généralement mieux souhaiter pour les animaux des élevages et des « abattages » fermiers, même s’ils sont loin d’être idylliques, que des élevages concentrationnaires et des morts industrielles… Mais cela ne les rend pas acceptables pour autant. Si la morale nous commande de prendre en compte les intérêts de tous, alors nous n’avons pas le droit de sacrifier leurs intérêts vitaux pour des envies frivoles. Or, manger la chair des autres est aujourd’hui de notre part de l’ordre du caprice. Il nous suffit de modifier nos habitudes de consommation pour nous en abstenir. Nous pouvons cesser de manger de la viande et du poisson (et les sous-produits animaux que sont les œufs et les laitages) comme nous pouvons décider de cesser d’aller voir les spectacles de corrida (si tant est que nous allions les voir) ! Je hasarderai le parallèle suivant : il est bien pire qu’un homme innocent* croupisse en prison dans une petite cage de fer (les fameuses « fillettes » dans lesquelles Louis XI laissait souffrir ses ennemis politiques, par exemple) que dans une geôle « normale ». Mais il est néanmoins totalement inacceptable, moralement, qu’une personne « innocente » soit punie et, même si les cages de fer sont pires que les cellules classiques, cela ne rend pas l’emprisonnement d’un innocent acceptable. Or, les animaux sont ces personnes innocentes dont je parle : elles n’ont rien fait qui justifie qu’on les torture et tue, et rien ni personne ne nous y oblige, si ce n’est une tradition culturelle bien ancrée et un fort attachement gustatif – si cesser de manger la chair des autres était aisé, le problème moral ne se poserait bien sûr pas ! En fait, surtout, nous avons du mal à intégrer le fait que les intérêts des non-humains devraient compter autant que les nôtres propres. Nous avons tellement été élevés avec l’idée que nous sommes supérieurs…
J’ai moi-même été un moment éleveur (de chèvres cachemire, qui n’étaient donc pas tuées), vivant dans un pays d’élevage et comptant nombre de mes amis parmi des petits éleveurs de montagne. Et je peux vous assurer que même les petits éleveurs qui professent aimer leur bêtes ne les traitent pas de façon correcte ; ils font nécessairement de la gestion de troupeau, et leurs animaux restent leurs esclaves qu’ils gèrent, mutilent, séparent, soignent ou non, et tuent en fonction de leurs convenances. Ils ne peuvent guère faire autrement et je ne leur jette pas la pierre, mais là n’est pas la question. De fait, ils ne traitent pas leurs bêtes comme il faudrait si l’on tenait un tant soit peu compte de leurs intérêts. Vous dites par exemple qu’ils « les tuent lorsque vient le temps ». Mais quand vient le temps de mourir ? Lorsque vient le moment… qu’ont décidé leurs propriétaires ! Quand une bête cesse d’être aussi productive qu’ils le souhaitent, ou lorsqu’elle est malade, ou blessée, et que cela coûterait à l’exploitation.
Bien sûr, si « pour les animaux il y a le choix entre se faire attaquer par un prédateur, ou mourir lentement, agoniser pendant des jours », alors il vaut mieux être tué que mourir à petit feu ; mais nous n’avons pas à nous laisser enfermer dans cette fausse alternative, alors que nous pouvons aussi décider d’être solidaires des autres animaux et de leur venir en aide selon leurs besoins. Ne pas les tuer lorsqu’ils veulent vivre, mais les aider à mourir lorsque nous avons de bonnes raisons de penser que c’est préférable pour eux. Quoi qu’on fasse, la mort occupera toujours une place prépondérante dans la vie, la nôtre et celle des autres… Mais, comme dit Brassens, ce n’est pas la peine pour autant de lui tenir la faux !
Yves Bonnardel
* Je donne cet exemple pour simplifier mon argumentation ; dans les faits, je pense que le recours à la punition (punition des enfants ou système pénal) est injuste dans tous les cas, qu’on soit réputé « innocent » ou « coupable ». Cf. Catherine Baker, Pourquoi faudrait-il punir ? Sur l’abolition du système pénal, tahin party, Lyon, 2003. Mais il s’agit là d’un autre débat…
références :
Cahiers antispécistes n°15-16 (avril 1998) http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article119
Le spécisme fait aussi des victimes humaines.