ressources-articles

Un temps pour ralentir

Quand on commence à réfléchir à ce que nous vivons à la lumière des besoins des enfants, de nombreuses théories s’effondrent comme de vulgaires châteaux de cartes.

Tenez, par exemple cette maxime à laquelle nous nous accrochons quelquefois dans le but de sauvegarder notre bonne conscience quand nous trouvons que nous ne passons pas assez de temps avec nos enfants : « La qualité vaut mieux que la quantité ! » Elle contredit les recherches qui disent que ce qui a un effet sur le cerveau des petits, ce sont les expériences les plus nombreuses, les plus fréquentes. Cela semble très logique quand on pense à la plasticité de nos hémisphères cérébraux.

La qualité est-elle moins importante que la quantité ? Non, bien sûr, mais il doit y avoir une alliance entre la qualité et la quantité. C’est un peu le défi principal de notre parentalité, faire de la vie avec notre enfant une succession de moments joyeux mais aussi pleins de sens.

Continuer la lecture

Culpabilité & réparation

Elle m’a rongée bien souvent quand mes enfants étaient plus jeunes, me hantant parfois jusqu’à l’épuisement. Qui ça ? La culpabilité bien sûr. Ai-je « bien » fait ? « N’ai-je pas traumatisé mon enfant pour le reste de ses jours ? » « Tout ça c’est entièrement ma faute, il ne s’en remettra pas ! »

Aujourd’hui, je crois que je culpabilise moins, et j’essaie de comprendre ce que me dit ce sentiment pénible. Je le vois un peu comme un signal d’alarme, c’est comme s’il me disait : « Là, quelque chose ne va pas. »
Ensuite je décide plus ou moins ce que je vais faire : est-ce que je vais choisir d’oublier et tourner le dos à une situation extrêmement douloureuse, de me justifier ou me défendre (ce qui est quand même différent d’expliquer), de me plaindre car j’ai commis une faute impardonnable et que je préfère me sentir victime que coupable. . . ?

Continuer la lecture

Un lieu idéal pour apprendre !

Parmi les décisions que nous prenons pour nos enfants, celle qui consiste à choisir un lieu pour apprendre nous préoccupe beaucoup.
En effet, la scolarité est encore pour certains d’entre nous un moyen de trouver sa place dans une société qui s’avère de plus en plus compétitive.

Nous cherchons l’école publique la plus accueillante, ou l’école alternative qui correspondra à nos valeurs, peut-être une école privée sous contrat avec l’État qui respectera notre budget et offrira un compromis. Tous les parents ne choisiront pas l’école pour l’instruction de leurs enfants, certains se lanceront dans l’aventure de l’école à la maison, ou du unschooling.

Je me suis parfois demandé si l’on ne pouvait pas établir un parallèle entre le fait de choisir un lieu pour apprendre et un lieu pour faire naître son enfant.
Pour la naissance, j’ai appris que peu importe le lieu, ce sont les conditions d’une naissance physiologique qui sont essentielles. Ces dernières peuvent être respectées à la maison, mais aussi à l’hôpital ou en maison de naissance.
Même si le domicile des parents semble le plus adapté, la naissance peut également y être entravée, si j’en crois certains témoignages : trop de monde autour de la mère en travail ou une ambiance conviviale qui ne se prête pas au respect de l’intimité peuvent entraîner un ralentissement de la progression du bébé qui veut venir au monde.

Continuer la lecture

Des conséquences pas si naturelles !

J’entends beaucoup parler dans les milieux de l’éducation comme chez les parents des bienfaits d' »assumer les conséquences ». IL « faut » que l’enfant assume les conséquences de ses actes, c’est pour certains une règle mathématique, logique, imparable quoi !

À bien y réfléchir, c’est une option pleine de bon sens.
Dans notre famille, à partir d’un certain âge, les enfants assumaient par exemple les conséquences de leurs maladresses comme les adultes. Si l’un d’eux renversait un verre, il s’empressait de nettoyer le liquide répandu. Pourtant, il y a des situations où la conséquence peut devenir une punition.

Continuer la lecture

Un bébé très intelligent

« Je dos mal… » me raconte Hélène,
« Pourquoi ? Eh bien parce que mon enfant ne fait pas ses nuits ! Du coup je suis allée voir mon médecin qui m’a dit : « Vous savez, il est très intelligent votre bébé, il a bien compris que vous vous leviez à chaque fois qu’il pleure !!! » « 

En réalité, que comprenait-il, ce bébé ? Il recevait de sa maman un message fortement positif pour son développement et son estime de lui-même, intégrant peu à peu qu’il pouvait compter sur elle, qu’en cas de problème et lorsqu’il était en détresse, elle se déplaçait à chaque fois. À aucun moment elle ne le laissait en proie à ses difficultés ou ses angoisses.
Il le savait, elle était là pour lui !
C’était devenu une certitude réconfortante.

Continuer la lecture

Mais pourquoi vouloir changer le comportement des enfants ?

Les sciences du comportement ont popularisé des concepts aberrants comme le « déconditionnement » ou le « renforcement positif » à visée pédagogique ou thérapeutique. Elles sont fondées sur un déni de la sensibilité de l’enfant et témoignent en premier lieu des traumatismes « éducatifs » vécus par leurs inventeurs. Synopsis d’une mise en scène planétaire.

Aux États-Unis, plus de dix mille bambins de deux à trois ans seraient traités avec de la Ritaline pour des troubles déficitaires de l’attention avec hyperactivité (TDAH), d’après un rapport alarmant du Centre de contrôle des maladies infectieuses de la ville d’Atlanta (Géorgie). Même les normes de l’Académie américaine de pédiatrie excluent un tel diagnostic chez des enfants aussi jeunes – sans parler du péril que représente pour eux la consommation d’un psychostimulant proche des amphétamines. « C’est absolument choquant et cela ne devrait pas se produire,
déplore une consultante en santé mentale. Les gens sont complètement désorientés. De toute évidence, nous n’œuvrons pas ensemble pour le bien des petits enfants. » [1]
L’an dernier, une autre étude américaine montrait que 11 % des jeunes de 4 à 17 ans ont reçu un diagnostic de TDAH et qu’un garçon sur cinq sera catalogué comme tel au cours de son enfance [2]. En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) estime que 2 à 7 % des enfants d’âge scolaire souffrent de TDAH, avec sur les dernières années une hausse préoccupante de 133 % des ventes de doses journalières de méthylphénidate – la molécule commercialisée sous le nom de Ritaline, Concerta ou Quasym.

Continuer la lecture

Le journal créatif, une ressource toujours disponible

Vous avez un cahier, un stylo et cinq minutes devant vous ? Alors vous pouvez vous lancer dans l’aventure du journal créatif, un outil simple qui pourrait s’avérer une ressource précieuse pour votre quotidien.

C’est en écrivant la première version d’Élever son enfant autrement que j’ai découvert le journal créatif, cet outil créé à l’origine par Luccia Capaccione et enrichi par Anne-Marie Jobin. J’ai immédiatement compris que le journal créatif pourrait aider les parents. Il avait toutes les qualités d’une excellente ressource pour avancer sur le chemin de la parentalité respectueuse et aimante.
Disponible en tout temps, peu coûteux, ne nécessitant pas l’intervention d’un tiers, le journal  créatif permet une saine autonomie des parents quand une aide plus spécialisée n’est pas nécessaire. Le journal créatif peut d’ailleurs nous faire comprendre qu’une thérapie pourrait avoir son utilité et nous accompagner dans cette démarche.

C’est une sorte de compagnon fidèle.
J’ai toujours aimé consigner dans un cahier les moments importants de ma vie. J’ai retrouvé les  quelques pages que j’avais écrites au moment de la naissance de mon premier enfant, et j’ai aimé les partager avec ma fille aînée. Les émotions sont revenues presque intactes à la relecture de ces mots.
Mais, depuis que je connais le journal créatif, je me sens infiniment plus libre dans mon expression.

Il est vrai que les mots m’ont aidée, mais la couleur, les images, les symboles, les dessins m’ont libérée du carcan dans lequel mon artiste intérieur était enfermé. Enfin je trouvais un espace où je pouvais faire entièrement ce que je voulais. Je pouvais être complètement moi-même. Cela a l’air simple peut-être pour vous qui me lisez. Mais pour moi, l’exigence d’un résultat non pas joli mais au moins acceptable, l’hésitation face à un magnifique cahier aux pages épaisses et au  papier luxueux m’ont souvent freinée : pourquoi mes gribouillages seraient-ils accueillis dans un lieu aussi magnifique ? Je ne le mérite pas, il me faudrait plutôt du brouillon… Et puis ce que j’exprime n’a guère d’importance. Alors un vieux cahier pourrait faire l’affaire. Et je rangeais le merveilleux carnet dans un placard, il y attendrait des jours meilleurs. Ces jours sont venus, j’ai décidé de ne plus me tourner le dos, de me donner de la considération, de valoriser chaque marque sur le papier, de faire taire mon critique intérieur. Et la magie a opéré…

Continuer la lecture

Conseils de famille, nos quinze ans d’expérience

On entend souvent dire qu’il n’y a pas de recette pour élever les enfants, qu’il n’y a pas de modèles ni de références. Comment éviter alors que les problèmes fassent boule de neige ou que les conflits dégénèrent en souffrance et parfois en violence ?

Les émissions de télévision sur les enfants et les adolescents à problèmes se multiplient. Des familles sont filmées dans leur quotidien et les spectateurs assistent en direct aux conflits, parfois très violents, qui les déchirent.
Les images sont anxiogènes. Comment faire pour ne pas en arriver là ? C’est la question que nous nous sommes posée en tant que jeunes parents.

Nous avions la chance d’avoir déjà pris conscience qu’un travail sur nous, sur notre enfance et sur nos blessures était nécessaire pour évoluer au mieux en tant que parents. Nous savions aussi que notre histoire individuelle allait jouer un rôle très important. Mais nous avions un sentiment d’urgence et il nous fallait des outils pour mettre en place un maximum d’échanges et de communication entre nous.

Du conseil de couple…
Au début de notre relation de couple nous étions très jeunes et parfois notre relation était conflictuelle. Alors nous avons essayé différentes façons d’envisager nos échanges. Nous souhaitions éviter que les dialogues se terminent par des disputes, des silences et que notre relation sombre dans une incompréhension réciproque mêlée de douleur. Après quelques années, nous avons constaté que ce qui fonctionnait le mieux pour nous, c’était d’instaurer une sorte de « conseil de couple » de façon régulière. Nous le mettions aussi en place à chaque fois que l’un d’entre nous se sentait blessé, incompris ou avait besoin de partager, d’être écouté et entendu.
Chacun prenait le temps de s’exprimer, d’exposer ses problèmes, de dire ce qui n’allait pas dans sa vie et dans le couple, mais aussi d’évoquer ce qui allait bien. Très souvent chacun s’exprimait longuement sur ce qui était difficile pour lui, la règle étant ne pas intervenir quand l’autre avait la parole, de lui laisser le temps nécessaire. Au départ, l’exercice était difficile, et l’un ou l’autre devait intervenir pour rappeler le fonctionnement. Ce qui nous avait donné le courage de continuer, c’est que lorsque nous ne le faisions pas, les disputes et les blessures revenaient.

Continuer la lecture

La fermeté est-elle une alternative à la violence ?

J’ai quatre enfants et j’ai testé pour vous la fermeté. Par habitude, réflexe ou croyance, parce qu’une très vieille dame que j’aimais beaucoup enfant m’avais dit «Il faut être sévère mais juste», pour ne pas me laisser marcher sur les pieds, et même par paresse (parce que l’obéissance demande beaucoup moins d’énergie qu’une éventuelle négociation). Je l’utilise encore trop souvent alors que je le sais : chez moi, ça ne marche pas.

Si, bien sûr, j’obtiens que mon plus jeune fils se couche, que le deuxième se brosse les dents, que l’aîné éteigne la lumière… Mais la peur s’installe, et même si c’est un tout petit peu, c’est déjà trop.

Fermeté, un mot à la mode
Les publications autour de la parentalité « bienveillante » ou « respectueuse » fleurissent ces derniers mois. Par intérêt personnel et dans le cadre de mon implication dans PEPS, je suis amenée régulièrement à en lire un certain nombre, en commençant souvent par la philosophie des auteurs présentée sur les sites.
Je suis surprise de voir combien la peur règne en maître dans bon nombre d’entre elles. Et une peur en particulier écrase toutes les autres : la peur du laxisme, ce fameux laxisme que, telle la paille, on ne voit jamais que chez le voisin. Une solution est souvent préconisée pour lutter contre ce fléau qui dévasterait nos villes et nos campagnes : la fermeté.
Voilà, tout est dit, il faut être respectueux mais ferme, aimant mais ferme pour que nos enfants soient bien cadrés, connaissent les limites et ne s’aventurent pas à les dépasser, sinon… Sinon quoi d’ailleurs ? Punitions pour les uns, sanctions pour les autres, tout dépassement de limite doit être réprimé.
Quid du vécu de chacun, des comportements inadaptés pour cause d’incompréhension de la règle ou d’immense chagrin qui empêche l’enfant de bien fonctionner ? Rien…
Continuer la lecture