La métamorphose

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Article de Anne-Marie Bosems
publié dans le numéro 2 de PEPS


Transformons la situation avant qu’elle ne devienne explosive.

Parfois, le point de départ de la mauvaise ambiance générale est un petit détail qui prend des proportions énormes. Il peut donc suffire de ne pas entrer dans la spirale infernale, d’éviter le classique engrenage : enfant énervé mécontent, parent énervé mécontent et exprimant ce mécontentement parfois agressivement, augmentation de la tension de l’enfant… Bref, l’escalade !

J’ai remarqué que dans certains cas, les enfants ont plaisir à évacuer leurs tensions par une bonne rigolade. Donc, au lieu de râler parce que notre enfant râle, plutôt faire le choix de l’aider à aller mieux. Il m’arrive encore malheureusement tellement souvent de me sentir polluée par le vécu de mon enfant… Alors que je pourrais plutôt être l’adulte présent pour l’aider à aller mieux, à évacuer. C’est-à-dire le soutenir dans ses moments difficiles sans être perturbée, voire anéantie, par les tensions qu’il ressent.

Un petit jeu peut être salutaire dans certains cas.

Chez nous, depuis plusieurs années, il nous arrive parfois de jouer à la chauve-souris. Ce sont des situations particulières, quand il n’y a pas d’enjeu, de vrai drame, juste une petite tension qui semble coincée. Nous, les parents, faisons bien attention à plusieurs points : vérifier que l’enfant est d’accord, ce qui passe souvent par du non-verbal, un petit sourire en coin à l’annonce du mot chauve-souris, un œil qui pétille, le corps qui se détend. Donc, pas question de le faire si l’enfant exprime un non clair.

Ne pas faire mal ou peur, ne tolérer que le vrai rire et s’arrêter immédiatement en cas de doute (rire forcé) ou d’expression de refus a posteriori. En général, on commence en disant : « Oh, mais j’ai l’impression que ce petit garçon aimerait bien se transformer en chauve-souris », le sourire de l’enfant étant un appel à continuer, nous attrapons le petit par les pieds et jouons au camelot en le suspendant ou le faisant tourner : « Elle est belle ma chauve-souris, regardez comme elle tourne bien… Qui veut une chauve-souris ? » Et avec les plus lourds, en ce moment, on fait la brouette dans le même état d’esprit…

Quand je joue à la chauve-souris, je prends la situation très en amont et l’effet est souvent immédiat et durable : nous retrouvons tous le sourire !

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